GERES au Forum Africain du carboneActualités du GERES - Communiqués de presse Quel avenir pour la finance carbone en Afrique dans l’incertitude de l’après 2012 ?
Aubagne, le 20 juillet 2011 – Du 4 au 6 juillet dernier, le GERES s’est rendu au Forum Africain du Carbone à Marrakech et a lancé un appel pour un marché du carbone plus éthique et plus solidaire. Alors que l’incertitude s’accentue sur la poursuite des marchés du carbone, de nouveaux mécanismes comme les NAMA* sont aujourd’hui évoqués comme une mesure clé de réduction des émissions au Sud.
Les incertitudes liées à l’après-Kyoto au cœur de tous les débats
L’ambiance légèrement morose du Forum a confirmé l’inquiétude des porteurs de projets et des investisseurs sur le régime post 2012 même si en coulisse de nombreux observateurs sont en réalité assez confiants quant à la prolongation des marchés du carbone. L’Union Européenne, qui joue un rôle majeur sur ces marchés à travers son système d’échange de permis d’émission interne (EU ETS), s’est d’ores et déjà engagée à autoriser les crédits générés par des projets de réduction dans les pays du Sud au-delà de 2012, à condition qu’ils soient en provenance des Pays les Moins Avancés (PMA). Cette disposition exclurait de fait les pays émergents comme l’Afrique du Sud ou intermédiaires comme les pays du Maghreb. Ces pays restent pourtant moteurs pour le continent dans le domaine des énergies propres et les exclure pourrait ralentir les efforts de l'ensemble des pays africains. Tous les yeux se tournent maintenant vers Durban où le sort des mécanismes de flexibilité, ou tout au moins les grandes lignes de la réforme, devrait être fixé. Table ronde du GERES à Marrakech
Dans ce contexte d’incertitude, la table ronde organisée par le GERES en partenariat avec CDC Climat, et réunissant des experts de GIZ, Gold Standard, Manna Energy et South South North, a soulevé la question de la « suppressed demand ». Cette méthodologie permet de mieux associer la lutte contre les changements climatiques aux Objectifs du Millénaire pour le Développement adoptés par les Nations Unies. Il s’agit d’anticiper la croissance des émissions de gaz à effet de serre dans les pays les moins avancés dans la perspective de leur future transition économique afin de générer davantage de crédits carbone. Ce mode de calcul permet de favoriser la transition directe des populations pauvres, très peu émettrices, vers les énergies propres en récompensant leur utilisation des énergies renouvelables ainsi que les économies d’énergie effectuées. Le GERES, largement rejoint par l'ensemble de ses partenaires sur cette nécessité de mieux intégrer le concept de « suppressed demand » dans les mécanismes existants, constate une timide prise en compte de cette avancée par la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (CCNUCC). Les pistes de l’après 2012
Les NAMA* font également partie des nouvelles pistes actuellement explorées. Il s’agit de la mise en place de plans d’action pour réduire les émissions de gaz à effet de serre par secteur d’activité. Ce dispositif, qui peut intervenir au plan national, voire régional, semble très prometteur pour l’Afrique dont les sources d’émissions sont inégalement réparties géographiquement et selon les secteurs. De manière plus générale, les participants africains craignent qu’un coup d’arrêt brutal de la finance carbone en 2013 vienne compromettre leurs chances de développement alors même que l’Afrique s’apprêtait à en bénéficier. C’est aussi leur voix que le GERES ira porter à la 17 ème Conférence des Parties à Durban en cette fin d’année avec l’objectif de peser dans le processus de réforme de la finance carbone en faveur des populations les plus pauvres. *NAMA : « Nationally Appropriate Mitigation Action » (action d’atténuation aux changements climatiques adaptée à la situation de chaque pays)
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