Association GERES

Les visages de la Solidarité climatique

sommet afrique france 2017

 

Nous venons de vivre une séquence diplomatique exceptionnelle avec les signatures de plusieurs accords-cadres internationaux : Financement du Développement à Addis Adeba, Objectifs du Développement Durable à New-York et Accords de Paris et Kigali sur le climat.

Le dénominateur commun de ces accords ? La Solidarité climatique !

Pour le GERES, ONG internationale de développement qui œuvre depuis 40 ans pour un accès durable à l’énergie et la préservation de l’environnement, la Solidarité climatique conjugue réduction de l’empreinte carbone des anciens pays développés et promotion d’un développement bas carbone pour les autres.

Trouver les bons équilibres pour un développement bas carbone

Les initiatives de financement sur l’énergie et le climat pour l'Afrique foisonnent. Au-delà de l’accessibilité de ces fonds se pose la question de leur efficacité. Comment traduire ces milliards en projets structurants pour les Etats et impactants pour les populations ? L'Afrique n'a pas qu'un seul visage et c’est pour cela que les acteurs de terrain expérimentent, innovent, y compris socialement, s’associent aux partenaires locaux et adaptent les solutions aux différents contextes. Ce sont ces subtils équilibres, notamment économiques, qui permettent de mettre sur pied un développement impliquant les communautés locales et respectueux du climat.

Au Mali, où seules 18% des zones rurales ont accès à l’électricité, les habitants de la commune de Konséguéla et le GERES ont créé une Zone d’Activités Electrifiée (ZAE). Elle est alimentée à 100% par des énergies renouvelables (panneaux photovoltaïques et huile de jatropha) et installée dans des bâtiments bioclimatiques. Cette ZAE accueille et fournit en électricité continue 11 très petites entreprises. Contribuer au développement économique d’un territoire selon un modèle bas carbone est possible !

Cohérence et équité dans la lutte contre les changements climatiques

A l’instar des nouveaux Objectifs de Développement Durable qui s’appliquent désormais à tous les pays, l’Accord de Paris sur le climat ne différencie plus le Nord et le Sud dans la lutte contre les changements climatiques. La différenciation qui scindait le monde en deux dans les années 90 n’existe plus mais cette actualisation qui ne doit pas masquer les inégalités et les vulnérabilités existantes. La précarité énergétique a par exemple plusieurs visages : quand certains ne peuvent plus payer leurs factures d’énergie, d’autres n’y ont même pas accès !

Nous sommes finalement tous des pays en développement où la justice sociale, l’équité et la cohérence doivent progresser. Celles-ci imposent aux pays industrialisés d’alimenter le Fonds vert qui doit permettre aux plus vulnérables de s’adapter et aux autres de limiter leurs émissions carbone. Les pays industrialisés doivent également maîtriser leurs émissions grises, et plus particulièrement celles induites par leurs investissements. Car les émissions actuelles sont largement conditionnées par le stock de capital accumulé hier. Les trajectoires de développement et d’émissions carbone de demain se décident aujourd’hui.  

Si, comme le dit Oscar Wilde, « l’expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs », la France a beaucoup d’expérience. Les impératifs de paix, de croissance raisonnée et de lutte contre les dérèglements climatiques ouvrent un dialogue nouveau où la Solidarité climatique et le partage d’expérience doivent être un langage commun. Le temps des signatures d’accords est passé. Il est temps d’agir et de coopérer. Rangez vos stylos, sortons les outils, et au travail !

(13-01-2017)

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Renaud Bettin

Responsable des Partenariats Solidarité Climatique au GERES