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Témoignage Bénin : Juliette Ketehoundje

Juliette Ketehoundje, 35 ans et mère de cinq enfants, est la créatrice et présidente du groupement de femmes Kpondeou. Depuis 2001, elle dirige une équipe qui oeuvre, dans la région du Zou au Bénin, à la transformation de produits agricoles. L’action de son groupement a pris une nouvelle dimension grâce au soutien technique apporté par le GERES dans le cadre de la mise en oeuvre du projet SETUP.

« Nous avons plus de temps pour diversifier nos activités et augmenter nos revenus »

 Quelle est l’origine du groupement KPONDEOU?

Le groupement a été créé afin d’améliorer le statut des femmes vivant dans les villages du Zou au Bénin. Dans cette région, beaucoup de jeunes filles sont encore données en mariage en l’échange d’une dot. Cette pratique accentue l’analphabétisme et l’exode rural. Je voulais trouver un moyen d’autonomiser économiquement et socialement ces jeunes femmes le plus tôt possible. C’est pour cette raison que je leur ai proposé de se regrouper autour d’un projet de transformation de matières premières agricoles en produits agroalimentaires.

Comment fonctionne le groupement?

Les femmes du village doivent payer une cotisation pour devenir adhérentes. Cette adhésion est essentielle, elle permet d’établir un lien entre les membres du groupement et d’assurer la participation active des femmes dans l’organisation. C’est avec ces cotisations que nous avons également pu acheter en 2001 des terres pour commencer une production artisanale d’huile de palme. L’huile est un condiment de base dans notre alimentation. Sa demande sur le marché béninois est toujours forte. Les 120 femmes adhérentes sont payées à la journée de travail effectuée, selon un forfait. Les bénéfices de la production et des ventes restent dans la caisse du groupement et sont utilisés pour financer l’achat de nouveaux équipements.

En quoi l’action du GERES a-t-elle participé à l’amélioration de la vie des femmes du groupement ?

benin-pmfA nos débuts, la transformation manuelle de l’huile de palme nous prenait environ 8h pour remplir un bidon de 200 litres. Nous devions alors écraser les noix de palme à pieds-nu pour presser l’huile. Cela nous causait infections et blessures et nous prenait énormément de temps. Lorsque nous avons pris connaissance, par la mairie de Zapota, du projet du GERES pour le déploiement de plateformes mécaniques et multifonctionnelles dans notre région, nous avons immédiatement réagi et demandé un accompagnement. Maintenant la machine remplace le travail physique. Nous produisons désormais 200 litres d’huile en seulement 2h30. Le temps libéré nous permet dorénavant de diversifier nos activités et ainsi d’augmenter nos revenus. Désormais le groupement produit de l’huile et de la pâte d’arachide qu’il revend en ville.

Comment envisagez-vous le futur du groupement?

Nous planifions un projet de développement pour cinq ans. Nous aimerions développer notre activité en cultivant le soja et l’acajou. Nous envisageons aussi de d’apporter l’électricité dans le village afin de faciliter la scolarisation des enfants et de répondre aux besoins de premières nécessités de la collectivité. Pour l’heure, notre objectif est de nous déplacer de village en village pour montrer comment nous avons réussi. Nous voulons que d’autres femmes ayant les mêmes problématiques créent elles aussi des groupements. Pour nous cela a bien marché, et les enfants restent au village. Nous voulons partager notre expérience avec le plus de monde possible.

 

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