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Trop pauvres pour polluer ?

Le GERES défend une autre approche du MDP en faveur du développement des pays les moins avancés.

A Cancun, le GERES réinterroge l’approche suivie par les instances du Mécanisme de Développement Propre (MDP) sur l’intégration des populations les plus pauvres. En raison de leur trop faible niveau d’émission de CO2 initial, les populations des pays du Sud les plus vulnérables ne peuvent pas bénéficier des projets éligibles au Mécanisme de Développement Propre. Ainsi, les règles d’accès à ces mécanismes apparaissent rigides et aboutissent à la situation suivante : les populations les plus pauvres, n’ayant pas accès à l’énergie, aux infrastructures de base, ne polluent pas suffisamment pour présenter des projets recevables par le MDP.

Pourtant ces mêmes populations pourraient bénéficier, grâce à l’introduction de solutions technologiques sobres en carbone, d’un meilleur accès aux services énergétiques, à l’éclairage, à l’eau potable à niveau d’émission constant.

Le Gold Standard, standard du marché volontaire, a par exemple parfaitement intégré cette problématique pour les projets de diffusion de filtres à eaux. Ainsi, le scénario de base retenu pour la consommation d’eau par les populations n’est pas le chiffre réel mais celui théorique de 7,5 litres par jour, donné par l’Organisation Mondiale de la Santé comme l’un des Objectifs de Développement du Millénaire.
Mais beaucoup reste à faire, et notamment au sein du MDP. Le GERES et ses partenaires, entendent briser ce cercle vicieux en mettant leurs idées en commun pour influencer les négociateurs à Cancun, spécifiquement dans la réforme du MDP prévue pour le régime post 2012.

Lancement d’un groupe d’experts sur la «suppressed demand»

Retour sur la table ronde organisée le 2 décembre dernier par le GERES.

Réunissant des représentants d’organisation Internationales, de la société civile et du secteur privé travaillant sur la finance carbone et développement, la table ronde invitait les participants à partager leur expérience de la suppressed demand. Le GERES a été officiellement nommé secrétaire de ce groupe d’experts pour élaborer une stratégie visant à faire reconnaître le principe de la « suppressed demand » au sein du MDP. Une note de positionnement sera développée dans le cadre du groupe de travail et sera publiée lors du Carbone Forum en Afrique du 9 au 11 avril 2011 à Marrakech

Action de plaidoyer autour du message « Trop pauvre pour polluer »

Annoncé lors d’un communiqué de presse préalable et relayé sur « Climate Studio – l’UNFCCC », le message « Trop pauvres pour polluer » a permis aux membres du groupe de travail de rappeler les paradoxes du MDP, le principe de la suppressed demand et d’annoncer la création de ce groupe.

Et Swan FAUVEAUD, responsable de l’Unité Climat au GERES, d’illustrer cette situation contradictoire par l’exemple suivant :
« Au Ladakh, l’introduction de serres solaires passives et d’une meilleure isolation dans les maisons permettent d’augmenter la température intérieure de 15°C. Dans la comptabilisation actuelle du MDP, ce type d’action ne conduit pas à la possible valorisation de réductions d’émissions puisque les villageois en situation de pauvreté ne peuvent se permettre de chauffer leur maison. Voilà donc ici l’un des paradoxes du MDP ! »

Télecharger le communiqué de presse (PDF, 806 ko)

Visionner l’intervention du GERES à Cancun (EN)

Contact presse :
Caroline PIERRET :  c.pierret@geres.eu
Tel : 04 42 18 55 88

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