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Le bioclimatisme, un levier de Solidarité climatique

Qu’est-ce que la construction bioclimatique ?

La construction bioclimatique consiste à concevoir de manière intelligente le bâti en l’adaptant à son environnement (climat, géographie du lieu). On essaie ainsi d’obtenir le confort thermique souhaité et d’optimiser la consommation d’énergie le plus naturellement possible. Pour cela nous intervenons sur plusieurs paramètres : améliorer l’isolation et la ventilation du bâti, intégrer l’apport externe gratuit en énergie grâce au soleil, mieux gérer le système de chauffage et d’eau chaude dans l’habitat, favoriser l’utilisation de matériaux bio-sourcés d’origine locale, et sur de la construction neuve, bien penser l’emplacement et l’orientation du bâtiment.

Des solutions adaptées aux climats extrêmes

Les techniques bioclimatiques peuvent être adaptées aux contextes froids et chauds. Aujourd’hui nous œuvrons principalement dans des contextes froids où le besoin de se chauffer est vital.

Le climat continental extrême et le taux d’ensoleillement élevé de l’Asie Centrale est en effet propice au développement de solutions bioclimatiques pour répondre aux enjeux socio-économiques et environnementaux de ces pays. Ainsi dans ces pays, le GERES accompagne le secteur de l’habitat pour former les professionnels du bâtiment aux techniques bioclimatiques et apporter un appui aux particuliers. Au Tadjikistan, nous avons développé des modèles de maisons énergétiquement performantes et économiques adaptées aux besoins et usages locaux que nous souhaitons répliquer à travers le pays.

En Asie centrale et au Maghreb, nous favorisons également le déploiement d’espaces d’information pour conseiller la population sur les solutions économiques et écologiques adaptés à leur environnement et à leurs besoins. Nous accompagnons également les acteurs publics dans la maîtrise et la réduction des consommations énergétiques dans le bâti public. En Mongolie, le GERES apporte son expertise dans la construction d’un foyer d’accueil de victimes de maltraitances domestiques, qui garantit des conditions d’installation dignes et optimales prenant en compte les contraintes réglementaires, sécuritaires, météorologiques et climatiques particulièrement rudes (jusqu’à -40°C).

Au Mali, face au climat tropical sec (jusqu’à +50°C), les Zones d’activités électrifiées sont pensées pour mieux réguler la température intérieure à l’espace pour plus de confort thermique, et mieux isoler les appareils électriques très sensibles à la chaleur. Grâce à cette technique de construction que nous apporte la Voûte Nubienne, il est possible aujourd’hui de trouver des salles informatiques, radios, des restaurants, et de se rafraîchir en pleine brousse.

Enfin, nous avons développé des modèles de serres solaires passives[1] pour le secteur maraîcher. En Mongolie, l’objectif est d’allonger les périodes de production agricole et de diversifier la production de légumes pour améliorer l’équilibre alimentaire. Ainsi les maraîchers mongols ont vu leur culture sous serres bioclimatiques passer de 3 à 8 mois grâce à l’effet seul du soleil.

Fort de ce succès, nous avons importé et adapté cette technologie au contexte français. Ainsi, en PACA, les serres bioclimatiques répondent aux enjeux des petits agriculteurs soucieux d’adopter un modèle d’agro-écologie et de trouver un modèle économique viable. Un producteur implanté à 1100 m d’altitude peut ainsi produire des tomates sans apport d’énergie mécanique dès le mois d’avril au lieu du mois de juin.

Monitoring d’une serre bioclimatique dans une petite exploitation agricole des Bouches-du-Rhône. Marc Glass, Chargé de projets « énergie et habitat » au GERES.

Une réponse aux enjeux économiques, environnementaux et sanitaires

Dans les pays en développement, les techniques bioclimatiques répondent à plusieurs enjeux.
C’est une solution économe permettant de dépenser moins pour se chauffer car elle permet de bénéficier de l’énergie solaire gratuitement. En milieu rural en Afghanistan, Tadjikistan et en Mongolie, où le GERES est activement investi, la population a peu de moyens pour subvenir à ses besoins essentiels. En utilisant des matériaux locaux et peu onéreux, les rénovations proposées restent économiquement abordables avec un investissement de départ pour lequel les ménages sont accompagnés sous différentes formes, micro-crédit, facilités de paiements, subventions aux artisans, etc. Le développement de cette filière permet en parallèle de créer de nouveaux emplois qualifiés, dans la construction et également dans la production maraîchère grâce au développement des serres bioclimatiques.

Ces solutions répondent également à des enjeux environnementaux car la réduction de la demande en énergie réduit la pression sur les ressources naturelles servant de combustibles pour le chauffage. En chauffant moins, on diminue également ses émissions. Un dispositif de monitoring permet de comparer la quantité de fioul utilisé avant et après les travaux de rénovation.

Enfin, ces solutions bioclimatiques répondent à des enjeux sanitaires, en réduisant la fumée néfaste pour la santé provenant de la combustion et en améliorant le confort thermique. Les risques de maladies respiratoires sont ainsi moins élevés, les enfants et adultes souffrent moins du froid et l’ensemble des indicateurs de qualité de vie sont améliorés. Dans le cas des serres solaires passives, la diversification de la production de légumes permet de contrer les maladies liées à des carences nutritionnelles.

Une expertise dans le bioclimatisme

En 40 ans d’expérience de terrain, le GERES a développé une véritable expertise dans les techniques bioclimatiques. Si historiquement, ces solutions énergétiques ont été adaptées pour répondre au contexte économique et climatique de la région d’Asie Centrale, elles trouvent aujourd’hui une application dans divers projets du GERES sur l’ensemble de nos territoires d’intervention.

Ces actions de Solidarité climatique sont soutenues par de nombreux partenaires privés et publics. Si vous aussi vous souhaitez contribuer à la diffusion de ces solutions bioclimatiques, n’hésitez pas à contacter notre équipe. Retrouvez plus d’informations sur les actions en cours :

Diffusion des serres solaires passives pour le maraîchage en Mongolie
Energie solaire passive et agriculture durable en PACA
Performance énergétique de l’Habitat modeste au Tadjikistan
Foyer d’accueil bioclimatique de victimes de maltraitances domestiques en Mongolie
Zones d’activités électrifiées au Mali

[1] Les techniques bioclimatiques cherchent à profiter au maximum du soleil lorsqu’il fait froid et à l’inverse de s’en protéger lorsqu’il fait chaud. C’est pour cela que l’on parle également d’architecture «solaire» ou «passive».

Cet article synthétise les informations collectées lors d’un entretien mené par Léa Watine, Chargée de Partenariats, auprès de Marc Glass, Chargé de projets « énergie et habitat » au GERES.

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