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Les entrepreneur.es de la transition énergétique

L’énergie, vecteur de développement économique

La communauté internationale reconnaît que les populations les plus pauvres paient pour une énergie des plus chères, les moins efficaces et les moins durables, sans compter que près de 2 milliards de personnes ne disposent toujours pas d’un accès suffisant à l’énergie pour subvenir à leurs besoins primaires et qu’1,6 milliard de personnes n’ont, en outre, aucun accès à l’électricité. Pourtant l’accès à l’énergie et l’efficacité énergétique sont des priorités dans les pays en développement et sont potentiellement vecteurs d’une croissance économique durable et d’impacts sociaux et environnementaux significatifs. Par exemple, il est estimé que les pénuries d’électricité coûtent jusqu’à 2 points de PIB par an aux pays sub-sahariens et freinent la transformation locale des productions qui pourrait augmenter de manière significative la valeur ajoutée créée sur ces territoires.

Des barrières à lever pour favoriser l’accès à des solutions énergétiques durables

Bien que les solutions énergétiques existent, il est avéré que les investissements importants, le manque de capital physique et les besoins de formation empêchent leur dissémination à grande échelle. L’enjeu pour le Geres est donc de démontrer dans des contextes différents, dont le dénominateur commun est le niveau de pauvreté des populations, la viabilité économique des solutions d’accès à l’énergie durable et d’efficacité énergétique, et de lever les barrières rencontrées par les entrepreneur.es pour accéder à ces solutions. En effet, la transition énergétique doit permettre à ces territoires d’améliorer in fine le bien-être des populations locales et d’accompagner leur résilience.

L’appui à l’entrepreneuriat au cœur de l’approche développement économique du Geres

Depuis de nombreuses années, le GERES travaille aux côtés des entrepreneur.es sur le terrain et fait le constat que l’entrepreneuriat et le développement économique local sont des facteurs de pérennisation et de changement d’échelle de ses interventions en faveur de la transition énergétique.

Fort de son expérience, le Geres concentre son action en matière de développement économique sur l’accompagnement et le renforcement de capacité des entreprises locales (TPME) et des entrepreneur.es afin qu’ils tirent le meilleur profit du nouveau contexte énergétique installé par les projets que nous mettons en œuvre. Au Mali, dans le cadre de nos actions d’accès à l’énergie en zone rurale pour le développement d’activités économiques, un dispositif de soutien aux entrepreneur.es a été mis en place afin de les accompagner lors des phases cruciales de leur développement et de maximiser leurs chances de réussites. Véritable outil de développement ce dispositif d’appui a été créé sur mesure pour la première Zone d’activité électrifiée (ZAE) de Konséguéla et permet aujourd’hui de fournir un cadre méthodologique à de nouveaux territoires, adapté au milieu rural des régions sahéliennes à fort potentiel. Après un diagnostic initial, les entreprises souhaitant s’implanter dans les ZAE mis en place par le Geres, bénéficient d’un suivi personnalisé et de formations thématiques sur la gestion, le management, le marketing, etc .

Formation des entrepreneur.es implanté.es dans la ZAE de Konséguéla au Mali.

 

A cela s’ajoute le développement de mécanismes financiers adaptés aux entrepreneur.es éloignés des dispositifs financiers existants, afin de faciliter l’accès au crédit pour l’achat d’équipement ou pour l’achat de solutions énergétiques domestiques. En Mongolie par exemple, un partenariat a été signé avec la XAC Bank, crédité au Fonds Vert, pour proposer des crédits à un taux 50 % moins cher qu’un crédit classique, afin de favoriser la rénovation énergétique de l’habitat dans des quartiers particulièrement vulnérables de la périphérie d’Oulan-Bator. Au Maroc, c’est un partenariat avec une association de micro finance (Fondation Al Karama Microfinance) qui permet de favoriser l’accès de près de 300 petits artisans boulangers et boulangères informels à des fours économes.

Diffusion de fours à haute performance énergétique auprès de petits artisans boulangers au Maroc.

Enfin, nous accompagnons la structuration des filières en identifiant et en favorisant l’émergence de structures manquantes. Au Myanmar, par exemple, notre intervention vise notamment à appuyer la création d’une structure intermédiaire, regroupant des entrepreneur.es, afin de compléter la chaîne de valeur et promouvoir la dissémination de solutions énergétiques durables dans les zones les plus reculées (établir un plan d’affaires, accompagner le démarrage d’activités, etc.). Au Mali, le projet d’électrification rurale prévoit également la création d’une entreprise sociale pour gérer les zones d’activités électrifiées afin de pérenniser ces infrastructures.

Nous remercions la Fondation Prince Albert II de Monaco, Synergie Solaire et la Fondation Nexans pour leurs contributions dans ce dispositif.

Aujourd’hui, le Geres intervient via cette approche de développement économique dans 6 pays : l’Afghanistan, le Mali, le Maroc, la Mongolie, le Myanmar et le Tadjikistan. Cette approche multi-pays exige des ressources importantes. Si vous souhaitez en parler, contactez-nous.


Article co-rédigé par Romain Cres, Responsable de programme développement économique, et Léa Watine, Chargée de Partenariat au Geres. 

Romain CresDirecteur de plusieurs PME pendant 10 ans, Romain Cres a ensuite participé à la gestion et au renforcement d’institutions de microfinance rurales en Afrique avant de rejoindre le Geres en 2016. Son rôle est à la fois d’apporter un soutien technique aux projets sur la thématique de l’appui à l’entreprenariat, mais aussi de coordonner un travail d’analyse et de capitalisation participative permettant de tirer les leçons venant du terrain pour contribuer à améliorer la pertinence, l’efficience et la durabilité des projets de développement en lien avec l’énergie.


 

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