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10 janvier 2019

COP24 : genre et climat

Inégalité des sexes et changements climatiques : même combat !

Pourquoi associer le genre et le climat ?

Toujours plus d’acteurs et d’actrices en prennent conscience : la lutte contre les changements climatiques ne peut se conduire sans rechercher, constamment, à réduire les inégalités. Sans un tel engagement, la Solidarité climatique serait dépourvue du cœur même de son message.

Pourtant, encore trop souvent, nous oublions que ces inégalités ne sont pas uniquement économiques et sociales mais qu’il peut s’agir d’inégalités de genre. Si le lien entre le climat et l’égalité femme-homme ne parait pas évident à première vue, saviez-vous que les femmes, tous pays confondus, sont les plus menacées par les impacts des changements climatiques ? Et cela, alors même qu’elles sont des actrices incontournables pour répondre au défi climatique.

Revenons un moment sur l’importance d’associer ces deux combats, ainsi que sur les avancées réalisées lors des négociations de la COP24.

Les femmes sont plus démunies face aux conséquences des changements climatiques

Il est désormais clairement établi que les changements climatiques menacent d’impacter lourdement la sécurité alimentaire. Or, en Asie et en Afrique, où de nombreux pays sont particulièrement menacés par les évolutions du climat, 60% à 80% de la production agricole mondiale repose sur le travail des femmes (source : Les Femmes, actrices de la lutte contre le dérèglement climatique, Haut-Conseil pour l’égalité, Septembre 2015). Il en va de même dans l’ensemble des pays en développement. Dès lors, ce sont leurs conditions de vie et de travail qui risquent d’être compromises.

D’autant plus que les phénomènes extrêmes sont exacerbés par les changements climatiques. En plus d’avoir des effets néfastes sur la production agricole, cet élément renforce le risque de mortalité des populations les plus vulnérables où les femmes sont surreprésentées. Des études ont montré que le risque de décès lié aux désastres naturels est 14 fois plus élevé chez les femmes et les enfants (source : Genre et Catastrophes, Bureau pour la Prévention des crises et le Relèvement, PNUD, 2010.). Les femmes se trouvent donc en première ligne face aux catastrophes et sont parmi les premières victimes des changements climatiques.

Les premières actrices de la lutte contre les changements climatiques

Pourtant, les femmes constituent l’un des maillons clefs dans la lutte contre les changements climatiques et la recherche de solutions d’adaptation. Encore trop souvent assignées aux tâches ménagères quotidiennes, elles participent activement à la gestion des ressources naturelles et sont donc particulièrement conscientes de la dégradation environnementale. Forces de résilience, elles portent de nombreuses initiatives dans les secteurs de l’eau, l’énergie, les déchets, l’amélioration des pratiques agricoles ou encore la préservation des ressources naturelles.

Lorsqu’il s’agit d’atténuation ou d’adaptation aux changements climatiques, les femmes sont donc des actrices incontournables ! Pourtant, leur place dans la société leur confère un lourd fardeau qui ne leur permet pas de disposer, aujourd’hui, des mêmes droits et opportunités en termes d’accès à l’éducation, à la santé, aux activités économiques ou bien encore à la finance, et leur contribution est souvent dévalorisée. L’inégalité des sexes demeure ainsi un frein majeur dans la lutte contre les changements climatiques.

Alors qu’en est-il dans les négociations climatiques ?

Si la question ne fait plus réellement débat dans la communauté scientifique, le GIEC ayant confirmé en 2014, dans son 5ème rapport, que les changements climatiques sont bien à l’origine d’un accroissement des inégalités entre les sexes, le sujet dépasse rarement le stade des grandes déclarations d’intention dans les négociations internationales.

Quelques initiatives méritent tout de même d’être suivies, à l’image de la France qui, en adoptant l’Accord de Paris suite aux discussions de la COP21, a pris l’engagement de défendre l’égalité femme-homme dans les négociations climatiques. La COP23, ensuite, a constitué une étape majeure dans l’intégration de l’inégalité des sexes au regard de l’enjeu climatique, avec l’adoption d’un ensemble de mesures spécifiques sur le genre au sein du Plan d’Action pour l’Egalité des Sexes (PAES).

Mais, alors que les femmes sont des actrices essentielles dans la lutte contre les changements climatiques, elles ne sont pas suffisamment prioritaires dans l’accès aux financements « climat ». A l’heure actuelle, seulement 0,01% des financements mondiaux soutiennent des projets s’attaquant conjointement aux changements climatiques et aux inégalités entre les sexes (source : Recommandations en faveur de financements climat intégrant pleinement le genre, Plateforme Genre et Développement, Décembre 2017).

Ce chiffre effarant montre toute l’ampleur du défi : rendre l’action climatique réellement plus inclusive et juste en prenant en compte la dimension genre et en assurant aux femmes l’accès aux financements liés à l’adaptation, à la réduction de leur vulnérabilité et au renforcement de leur résilience.

Pour être optimaux, ces financements devront notamment traiter les questions d’accès à l’énergie, de l’amélioration des pratiques agricoles, du renforcement des capacités et de l’amélioration de la possibilité d’entreprendre, le tout dans les régions où les besoins sont les plus forts pour les femmes.

Ces objectifs sont précisément ceux du PAES mis en place en 2017 et pour lequel les Parties, les observateurs et le Secrétariat ont profité de la COP24 pour présenter les mesures prises. Plus spécifiquement, la COP avait permis d’établir il y a six ans un objectif de parité au sein des organes créés dans le cadre de la CCNUCC (Convention-Cadre des Nations-Unies sur les Changements Climatiques).

Aujourd’hui, la représentation féminine ne dépasse les 38% que pour la moitié de ces organes. Si beaucoup d’efforts sont encore à produire, la dynamique semble engagée et doit s’inscrire dans la durée.

Une question de Solidarité climatique

Face aux nombreux défis posés à nos sociétés, la Solidarité climatique nous invite à lutter contre les changements climatiques tout en réduisant les inégalités sous toutes leurs formes. En reconnaissant la plus grande vulnérabilité des femmes et en veillant à réduire les inégalités femme-homme, les avancées dans la lutte contre les changements climatiques seront démultipliées.

Une étape indispensable sera donc la valorisation du rôle des femmes dans la lutte contre les changements climatiques. Cela ne pourra se faire qu’avec une réelle parité dans les instances gouvernementales et une participation effective des femmes dans les prises de décisions locales et internationales.

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